JALOUSIE

JALOUSIE
Voici la deuxième toile que j'ai peinte à l'acrylique. J'avais 16 ans à l'époque et j'étais encore inexpérimenté en peinture.

Cette toile métaphorique a pour thème la jalousie féminine. Aphrodite, déesse grecque de l'amour et de la beauté observe au loin des hommes érigeant une statue à la gloire de Vénus, sa rivale Romaine.
Nue et charnelle, Vénus est désemparée, fragile et elle se sent abandonnée. Elle n'existe que par la vénération et le regard que lui portent les hommes. Et soudain, une autre lui ravit leurs faveurs. De déesse elle n'est plus qu'une humaine se morfondant.

Tout le monde a déja connu la jalousie au moins une fois dans sa vie. Jalousie par rapport à l'amour, à l'intérêt ou l'attention qu'un ou qu'une autre reçoit à notre insu..La jalousie est un thème sous-exploité à mon avis dans l'art et c'est bien dommage, car elle peut autant donner lieu à des scènes violentes qu'à des scènes romantiques et mélancoliques comme c'est ici le cas.

# Posté le vendredi 09 juillet 2004 14:17

DOLENTE

DOLENTE
Commentaire:

Ce visage m'a poursuivi longtemps après l'avoir peint, je le sentais accusateur à mon encontre, comme si cette femme me reprochait de l'avoir peinte telle quel.
J'avais presque oublié l'existence de cette peinture puisque j'avais fini par la ranger dans un placard. Je ne supportais plus son regard insistant qui semblait m'épier chaque soir. Dans ma chambre tamisée, ses yeux n'en devenaient que plus perçants.
Étrange situation que celle d'un artiste effrayé, dérangé par une créature qui sort de son imaginaire...

Peint en début 2000, ce petit tableau a pour thème "la solitude urbaine" incarnée par une "beauté ravagée", une princesse des temps modernes, "junky paumée", souillée, désabusée et suicidaire. Son expression trouble et insondable nous interpelle néanmoins. Elle semble presque nous dire : " voyez ce que vous m'avez fait...".
Le décor est sale et sombre. Les édifices de fond, vus à travers le reflet du mal-être de la jeune femme, sont informes et inutiles.
La peau de cette "écorchée vive" est brouillée, sa couleur est mal définie et son teint est maladif. La carnation est à peine ébauchée. Ce tableau n'est pas sensé être beau. Mais sa laideur le rend authentique, à l'image de la souffrance qui étrenne le coeur.

# Posté le samedi 10 juillet 2004 01:13

Modifié le jeudi 25 novembre 2004 13:35

"DISPARITION" OU L'OREILLE RETROUVÉE"

"DISPARITION" OU L'OREILLE RETROUVÉE"
Je vois que les avis concernant les commentaires de peintures restent mitigés. Une amie m'a fait part de ses impressions à ce sujet. Elle m'expliquait que trop expliquer une oeuvre lui faisait perdre une grande part de son mystère auprès des spectateurs et influençait leur jugement. Elle n'a pas tort dans un sens, moi-même j'ai longtemps réfléchi sur la question mais il m'a été difficile de trancher, et ce pour de multiples raisons:
Tout d'abord, je me trouve dans l'incapacité de satisfaire tout le monde. Car nombre de mes amis et visiteurs m'ont fait part de leur enthousiasme par rapport aux explications sur les éléments picturaux, les choix artistiques..Etc. Au fond, c'est aussi cela la vocation de ce site: montrer, expliquer, échanger...etc.
Je propose donc à certains visiteurs de faire un choix: soit ils décident de ne regarder la peinture et de faire fi du texte accompagnateur. Soit ils le lisent après avoir observé l'oeuvre afin de disposer d'éléments de réponse supplémentaires.

Je tiens à ajouter que si mes explications sont souvent "poussées", elles ne sont pas pour autant exhaustives. Il y aura toujours des sens cachés, sous-jacents dans une oeuvre, et chacun selon sa sensibilité, son vécu, son sens critique, saura attribuer aux images un sens personnel. Ma vision artistique n'est pas complète, elle s'enrichit aussi de points de vue extérieurs. Il est, à ce propos, possible qu'en tant qu'artiste, certains symboles ou significations m'échappent au moment où j'en fais la représentation. L'art est par essence irrationnel. C'est d'ailleurs ce qui fait son charme et sans doute la fascination qu'il exerce autant chez l'artiste que chez l'amateur.
La dimension analytique de mes commentaires ne doit pas entraver la liberté intuitive, émotionnelle et sentimentale du spectateur. Elle lui apporte des explications mais ne remplace pas la perception individuelle.


Commentaire de "Disparition":

Cette petite peinture est une allégorie de la souffrance de l'artiste mais aussi "de la perte de soi". L'artiste qui peint se lance toujours dans une aventure dont l'issue reste incertaine. Il peut en sortir grandi ou au contraire, s'autodétruire. L'art n'a pas de demi-mesure. C'est un choix de vie. Un choix de conscience et un engagement total de soi. La présence d'une oreille coupée au centre de la peinture est un clin d'oeil volontaire à Van Gogh qui, comme on le sait, avait coupé son oreille dans un moment de "folie" mais surtout de détresse... Les versions et les mythes ne manquent pas sur cet épisode sordide de sa vie. Mais j'ai retenu la version officielle: Van gogh qui travaillait à Arles avec son ami peintre Paul Gauguin, ne supporta pas l'idée que cet homme , ce complice, cet "ami" tire un trait sur leur association. C'est alors que rejoignant Gauguin à la gare, Van Gogh, perdu et désespéré, ou peut-être sous l'effet de l'absinthe dont il abusait quotidiennement, menaça le "traître" d'un rasoir. Toujours est-il qu'après avoir pris conscience de la gravité de son intention vindicative, Van Gogh fit pénitence en se coupant l'oreille (d'aucuns parlent du lobe). C'était une façon pour lui de se racheter, d'expier ses mauvaises pulsions d'idéaliste blessé. Lui qui avait un si grand coeur, ne put tolérer ses propres envies meurtrières et préféra retourner sa fureur et sa détresse contre lui-même. Bien entendu c'est l'une des innombrables versions que l'on entend autour de cette légendaire automutilation qui donna naissance à son célèbre tableau « l'homme à l'oreille coupée » . Rien ne nous dit cependant qu'elle soit entièrement véridique car la vie des artistes maudits a de tous temps été romancée. Mais cette version me semble la plus plausible compte tenu du légendaire esprit tourmenté et de l'humanité indéniable de Van Gogh.

Dans ma peinture, cette « oreille retrouvée » coïncide avec « la disparition tragique » du peintre. Elle est le symbole de son sacrifice, l'une des dérisoires traces de son passage parmi les hommes. Il se perd dans les marées de l'oubli, absorbé par une créature symbolisant ses démons, ses chimères et ses vices.
L'idée de fatalité est prédominante dans cette peinture. Et le clou symbolique est délibérément enfoncé. Les traces de sang sur le verre et sur la palette indiquent son implication funeste et autopunitive dans son accomplissement artistique. « La porte » revêt une dimension surréaliste et même absurde puisqu'elle ne sert ni à protéger ni à accéder à l'intérieur d'un espace fermé. Le seul huis clos qui existe est celui dans lequel le peintre vit avec ses démons. Toutes les portes qu'il ouvre le mènent à une fin inéluctablement tragique.

Chady

# Posté le samedi 10 juillet 2004 22:05

Modifié le samedi 21 juillet 2007 17:51

LA COLOMBE BLEUE

LA COLOMBE BLEUE
Symbole planétaire de la paix, cette "colombe bleue"( qui n'a de bleu que le trait) est à mon avis l'une des plus grandes oeuvres de Pablo Picasso avec "Guernica".
Un chef d'oeuvre de simplicité et de pureté graphique. Très naïf, ce dessin n'en demeure pas moins hyper-expressif. Repris par "Amnesty international", ce symbole garde toute sa puissance en ces périodes inquiétantes que nous vivons. L'actualité géopolitique et sociale nous met face à des réalités terrifiantes et fait naître en nous des inquiétudes légitimes. À quand un retour à la paix et à l'amour? Aurons nous un jour la liberté et le pacifisme de cette colombe dans nos coeurs?

# Posté le samedi 10 juillet 2004 22:38

Modifié le mercredi 21 septembre 2005 14:58

VOL AU DESSUS D'UN NID DE COUCOUS.

VOL AU DESSUS D'UN NID DE COUCOUS.
Il est des films qui marquent leur époque et toute une génération de cinéphiles.
" Vol au dessus d'un nid de coucous" adapté du roman de Ken Kesey en fait justement partie.
Il s'agit d'un chef-d'oeuvre à la fois comique et tragique. Rares sont les films qui ont su me faire verser autant de larmes. Il y a bien eu, plus d'une décennie après, le poignant "Philadelphia". Le contexte des deux films est différent, bien qu'ils aient en commun le même message défendant la dignité humaine, le droit de vivre tout simplement malgré les différences.
Jack Nicholson y campe un personnage anticonformiste, rebelle et subversif, Randall McMurphy, interné dans un hopital psychiatrique et menant progressivement les malades vers une sorte de rebellion collective contre une autorité despotique incarnée par l'infirmière Ratched. Les conséquences de ses actes seront douloureuses...
Plus qu'une critique virulente contre un ordre établi et contre toute forme d'enfermement ( physique, idéologique et doctrinal), ce film - comme l'indique l'affiche ci-jointe) est un véritable hymne à la liberté et à la fureur de vivre.

C'est l'un des plus grands films de Milos Forman, réalisateur de "Amadeus" et de "Larry Flint" et l'une des plus belles interprétations de Jack Nicholson, si ce n'est la meilleure.

# Posté le dimanche 11 juillet 2004 16:05

Modifié le dimanche 11 juillet 2004 17:46