"Le Bleu" (2001)
D'après une citation de Jean Clair.
« Le bleu est un effet du lointain : lointain spatial (la distance) mais aussi temporel (le futur ou au contraire le passé).
Sa coloration est celle de l'attente (de l'espoir) ou du regret (de la nostalgie)»
Jean Clair.
Commentaire:
Ce tableau est un défi à lui seul, par l'emploi d'une seule couleur aux tonalités variables: bleu primaire, cyan, bleu cobalt, bleu outremer, bleu tropique, bleu ceruleum...
Le bleu tel que nous le présente Jean Clair tient lieu de « concept abstrait »puisqu'il est nourri d'impressions subjectives. La difficulté ne tient donc pas de la transposition picturale d'une citation puisque le bleu trouve dans l'expression artistique, plastique, toute son ampleur, mais reste inhérente à toute transition, tout passage d'un domaine artistique à un autre.
En l'occurrence il s'agit du passage de l'écriture à la peinture et du respect du langage, des variantes stylistiques propres à chaque moyen d'expression.
Le choix de la forme est volontairement surréaliste, il est à l'image du « bleu vu par Jean Clair », c'est à dire inconcevable sans l'intervention du rêve et de l'inconscient. En peinture cet « aspect informel et absolu, dépassant toute logique » du bleu ne peut être rendu que dans l'alternance entre le concret et l'abstrait, le réel et le surréel, le connu et l'inconnu, le rapport entre l'être fini et l'espace infini. Il s'agit de jouer sur des contrastes forts et saisissants au niveau des repères spatiaux, mais aussi de représenter les sentiments qui sont autant d'états invisibles, immatériels, et associés au temps, donc à l'espace. L'homme est le seul être vivant à avoir conscience « du temps qui passe » et à éprouver des sentiments qu'il peut identifier (joie, colère, nostalgie etc.). C'est à travers l'homme et son usure que le temps marque son passage, à travers la succession des sentiments et l'évolution naturelle de la matière.
Les éléments retenus pour cette peinture étaient donc:
- l'homme, élément/être central puisque c'est lui qui réfléchit à la valeur du bleu. A défaut de le créer, il est en mesure de l'identifier et de le théoriser. L'homme est représenté dans des attitudes et des moments différents.
-Le ciel et la mer marquent quant à eux l'immensité écrasante de l'univers qui entoure ce dernier.
-Et enfin, l'horizon à perte de vue représente la distance, mais aussi le néant infranchissable pour le commun des mortels. Le mouvement circulaire indique que l'avenir est déjà du passé en préparation (pour reprendre la formule de P. Dac).
Tout le tableau est donc construit autour d'un schéma trinitaire. Et ma foi, cette cohérence confère à l'ensemble de la composition une impression globale d'unité et d'équilibre. But recherché.
Comme toute couleur, le bleu revêt une dimension symbolique, mystique ou lyrique.Nous établissons des liens obscurs entre couleurs et sentiments, couleurs et éléments. Souvent une couleur nous renvoie à des sensations diverses, lesquelles restent ouvertes à toutes les interprétations possibles. Si, à juste titre, certaines couleurs évoquent des éléments naturels concrets tels que l'eau, le feu, le ciel ou la végétation, il n'existe en revanche aucun lien logique et irréfutable entre un état d'âme spécifique et une couleur donnée. C'est une vue de l'esprit.
Pourtant nous attribuons une grande valeur et un caractère humain ou terrestre aux couleurs. Ainsi le bleu dans l'inconscient collectif symbolise une forme d'éternité et d'intemporalité (où passé, futur et présent ne font qu'une seule réalité), d'espace (terrestre ou galactique) et de distance (que jean Clair souligne justement).
Si dans ces exemples, l'on n'est pas surpris par certaines analogies faciles (le ciel, la mer incarnent l'idée d'espace infini et sont bleus), il en est tout autrement pour ce qui concerne les sentiments humains tels que la tristesse, l'espoir ou la nostalgie.
Le bleu par observation renvoie à l'eau, source de vie mais aussi de mystère. L'attente solitaire et l'appréhension de l'inconnu conduisent à une exaltation de la tristesse propre au romantisme. Le temps est « mystère » lui aussi, il coule tel un fleuve et nous subissons son courant, bercés par les interrogations perpétuelles liées à notre destin. Le temps et l'eau ont la même teinte, celle des regrets, des rêves jamais exaucés ou à peine effleurés, de la solitude, ou au contraire d'un passé prospère mais à jamais révolu. Les souvenirs, bons ou mauvais, disparaissent dans la mouvance irréversible du temps et le bleu résonne dans l'âme comme le franchissement douloureux d'une époque, d'une étape, d' une expérience, d'un espace.
Le bleu est le mystère de la création, il nous rappelle à nos origines et nous convie à la fois à un futur flou et impalpable. Le ciel et ses étoiles paraissent sans limites et nous exhortent à toutes les suppositions en conservant bien sûr leur mutisme et leur ésotérisme.
C'est ce caractère informel et indistinct du bleu qui en fait une riche source d'inspiration artistique dans la musique comme dans la peinture. Il obtient une valeur métaphysique et onirique qui lui vaut la grande fascination des artistes, poètes et ascètes.
D'après une citation de Jean Clair.
« Le bleu est un effet du lointain : lointain spatial (la distance) mais aussi temporel (le futur ou au contraire le passé).
Sa coloration est celle de l'attente (de l'espoir) ou du regret (de la nostalgie)»
Jean Clair.
Commentaire:
Ce tableau est un défi à lui seul, par l'emploi d'une seule couleur aux tonalités variables: bleu primaire, cyan, bleu cobalt, bleu outremer, bleu tropique, bleu ceruleum...
Le bleu tel que nous le présente Jean Clair tient lieu de « concept abstrait »puisqu'il est nourri d'impressions subjectives. La difficulté ne tient donc pas de la transposition picturale d'une citation puisque le bleu trouve dans l'expression artistique, plastique, toute son ampleur, mais reste inhérente à toute transition, tout passage d'un domaine artistique à un autre.
En l'occurrence il s'agit du passage de l'écriture à la peinture et du respect du langage, des variantes stylistiques propres à chaque moyen d'expression.
Le choix de la forme est volontairement surréaliste, il est à l'image du « bleu vu par Jean Clair », c'est à dire inconcevable sans l'intervention du rêve et de l'inconscient. En peinture cet « aspect informel et absolu, dépassant toute logique » du bleu ne peut être rendu que dans l'alternance entre le concret et l'abstrait, le réel et le surréel, le connu et l'inconnu, le rapport entre l'être fini et l'espace infini. Il s'agit de jouer sur des contrastes forts et saisissants au niveau des repères spatiaux, mais aussi de représenter les sentiments qui sont autant d'états invisibles, immatériels, et associés au temps, donc à l'espace. L'homme est le seul être vivant à avoir conscience « du temps qui passe » et à éprouver des sentiments qu'il peut identifier (joie, colère, nostalgie etc.). C'est à travers l'homme et son usure que le temps marque son passage, à travers la succession des sentiments et l'évolution naturelle de la matière.
Les éléments retenus pour cette peinture étaient donc:
- l'homme, élément/être central puisque c'est lui qui réfléchit à la valeur du bleu. A défaut de le créer, il est en mesure de l'identifier et de le théoriser. L'homme est représenté dans des attitudes et des moments différents.
-Le ciel et la mer marquent quant à eux l'immensité écrasante de l'univers qui entoure ce dernier.
-Et enfin, l'horizon à perte de vue représente la distance, mais aussi le néant infranchissable pour le commun des mortels. Le mouvement circulaire indique que l'avenir est déjà du passé en préparation (pour reprendre la formule de P. Dac).
Tout le tableau est donc construit autour d'un schéma trinitaire. Et ma foi, cette cohérence confère à l'ensemble de la composition une impression globale d'unité et d'équilibre. But recherché.
Comme toute couleur, le bleu revêt une dimension symbolique, mystique ou lyrique.Nous établissons des liens obscurs entre couleurs et sentiments, couleurs et éléments. Souvent une couleur nous renvoie à des sensations diverses, lesquelles restent ouvertes à toutes les interprétations possibles. Si, à juste titre, certaines couleurs évoquent des éléments naturels concrets tels que l'eau, le feu, le ciel ou la végétation, il n'existe en revanche aucun lien logique et irréfutable entre un état d'âme spécifique et une couleur donnée. C'est une vue de l'esprit.
Pourtant nous attribuons une grande valeur et un caractère humain ou terrestre aux couleurs. Ainsi le bleu dans l'inconscient collectif symbolise une forme d'éternité et d'intemporalité (où passé, futur et présent ne font qu'une seule réalité), d'espace (terrestre ou galactique) et de distance (que jean Clair souligne justement).
Si dans ces exemples, l'on n'est pas surpris par certaines analogies faciles (le ciel, la mer incarnent l'idée d'espace infini et sont bleus), il en est tout autrement pour ce qui concerne les sentiments humains tels que la tristesse, l'espoir ou la nostalgie.
Le bleu par observation renvoie à l'eau, source de vie mais aussi de mystère. L'attente solitaire et l'appréhension de l'inconnu conduisent à une exaltation de la tristesse propre au romantisme. Le temps est « mystère » lui aussi, il coule tel un fleuve et nous subissons son courant, bercés par les interrogations perpétuelles liées à notre destin. Le temps et l'eau ont la même teinte, celle des regrets, des rêves jamais exaucés ou à peine effleurés, de la solitude, ou au contraire d'un passé prospère mais à jamais révolu. Les souvenirs, bons ou mauvais, disparaissent dans la mouvance irréversible du temps et le bleu résonne dans l'âme comme le franchissement douloureux d'une époque, d'une étape, d' une expérience, d'un espace.
Le bleu est le mystère de la création, il nous rappelle à nos origines et nous convie à la fois à un futur flou et impalpable. Le ciel et ses étoiles paraissent sans limites et nous exhortent à toutes les suppositions en conservant bien sûr leur mutisme et leur ésotérisme.
C'est ce caractère informel et indistinct du bleu qui en fait une riche source d'inspiration artistique dans la musique comme dans la peinture. Il obtient une valeur métaphysique et onirique qui lui vaut la grande fascination des artistes, poètes et ascètes.